La main d’œuvre : forfait ou temps réel ?

En rédigeant la page sur le prix des pièces détachées, j’ai fait une digression sur le choix de facturation de la main d’œuvre. Pour alléger la lecture des pages statiques, je déplace donc cette digression dans un article dédié !

Les forfaits

Les forfaits sont des prix moyen facturés pour un type d’intervention donné. Ils ont l’avantage de présenter clairement le coût des prestations. Pour le client, cela permet d’avoir une idée assez précise de ce qu’il va payer. Pour le réparateur, cela permet de travailler en fractionné sans chronométrer son travail. En effet, en boutique on est régulièrement interrompu par un client qui entre ou le téléphone qui sonne !

Pourtant, les forfaits ne représentent pas la réalité de la prestation. Parfois, changer un câble prends 2 minutes et parfois 1/4 d’heure parce que certains vélos sont plus complexes ou en moins bon état que d’autres.

D’ailleurs, cela m’est arrivé plusieurs fois, en tant que client, que l’on me facture un double forfait “parce qu’il y avait beaucoup de boulot”. Quand on en arrive là, le forfait perd son sens et le client se sent arnaqué !

A vrai dire, même sans ces abus, les forfaits ne sont intéressants que pour les petites réparations. Sinon, en cumulant les forfaits, cela revient plus cher pour le client.
C’est d’ailleurs comme cela que m’a été “vendu” l’intérêt du forfait, lors de ma formation de mécanicien cycle.

Par exemple, lorsque l’on change des patins de frein, il ne faut pas 2 fois plus de temps pour en changer 2 paires, car le vélo est déjà sur le pied et les outils sont déjà sortis. Et puis tant qu’on y est, cela ne prend qu’1 minute de dévoiler la roue si elle a un léger voile. Pas besoin de facturer le forfait dévoilage en supplément, ou pire, de ne pas faire la réparation car le client ne l’a pas demandée !

Les forfaits servent surtout à standardiser le prix des prestations dans les chaînes de magasins.

La facturation au temps

La facturation au temps a le mérite d’être équitable et transparente. Si le vélo est bien entretenu, le mécanicien gagne du temps et facture donc moins cher. S’il y a des complications et que la réparation prend plus de temps, le mécanicien peut facturer le temps réellement passé.

L’inconvénient semble être pour le client qui risque de voir sa facture augmenter. En fait, le moment clé dans ce type de facturation est celui du devis oral. Après que le client aie expliqué son besoin, le mécanicien doit faire un tour rapide des points clés du vélos, quelle que soit la demande initiale : Freins, direction, roues, roulements, transmission. Il propose alors de faire juste les réparations demandées ou de compléter avec les points qu’il a observé.

Un bon mécanicien est capable d’estimer le temps qu’il va passer sur le vélo et donc de proposer un devis réaliste pour que le client n’aie pas de mauvaise surprise. S’il y a un problème, il faut évidemment contacter le client avant d’entreprendre des travaux qui augmenteraient le devis.

La main d’œuvre en pratique

Dans la pratique, quand je fais une intervention, j’ai en tête le temps que je devrais y passer. S’il n’y a pas de complications, je facture le temps réellement passé.

En cas de problème, j’évalue s’il est du à une faute de ma part, un défaut du vélo ou une mauvaise information du propriétaire. En fonction de cela, je peux facturer au temps réel ou faire une remise sur la main d’œuvre. En règle général, je facture moins que le temps réel car le but est de coller au devis fait oralement.

C’est un peu la fierté du mécano que de respecter son devis, et puis il faut qu’il y aie une certaine cohérence entre l’intervention demandée et le coût final. On ne va pas facturer 50€ un changement de patins, même si on y a passé une heure.

Un exemple de situation : Il m’arrive d’aligner et resserrer les patins de freins car ils ne semblent pas usés. Si après essai du vélo je m’aperçois que les patins sont durs et/ou qu’ils couinent, je me retrouve a devoir les changer et refaire l’alignement et la tension du câble. Je ne vais pas facturer 2 fois ce temps car j’aurai dû tout simplement changer les patins dès le début.